je ne peux m'empêcher de vous communiquer ce point de vue original de la "magnifique" victoire de kubica, glané sur le net... qui fera surement très plaisir à VV
Ouais_supère a écrit :Si vous avez regardé le Grand Prix, vous n’avez pu qu’être emporté par ce tourbillon, par ce vent de renouveau de la F1. Celle-ci possède son nouveau héros, le symbole d’un nouvel Age d’Or, Robert Kubica, prononcez "koubitza", voire "scoubidou", ou "tronche de cake", voire "tronche de Prost", ce qui revient au même. Le jeune polonais a anéanti, bousillé, dézingué la concurrence par son coup de volant magique qu’on ne manquera pas de comparer à quinze champions morts ou vifs, et désormais l’avenir ne passera plus que par lui. Dites amen et signez-vous.
Ce dimanche 8 juin 2008, Robert Kubica est entré dans la légende, via sa première victoire, légendaire aussi. Ne perdons jamais une occasion de nous cultiver, ouvrons le Petit Larousse Illustré édition 2008 :
Légende : n.f (lat. legenda, ce qui doit être lu)
1. Récit à caractère merveilleux, où les faits historiques sont transformés par l’imagination populaire ou par l’invention poétique.
2. Histoire déformée et embellie par l’imagination.
Nous y sommes. Et quand s’ajoute à la distorsion imaginaire le facteur "j’ai un truc à vous vendre", ça donne le babil lubrique d’un Jean-Louis Moncet chevrotant et bite à la main au sujet de ses fameux datas prouvant par A+B que Nick Heidfeld n’a pas régressé mais que c’est Robeuuuuuurt qui a progressé. Soit un document sûr, impartial, empreint de la Vérité la plus pure et dénué d’intention malhonnête, puisqu’obtenu telle une faveur d’ami par Daniele Morelli, bon homme par essence et de bonne foi surtout, et, accessoirement… manager… de… De ? Roooobeuuuurt Kuuubicaaaaa ! En pleine négociation d’une prolongation de contrat pour son chouchou polonais, mais ça, ça ne joue pas, n’est-ce pas. Ben voyons. Et le spectateur forcément lambda d’acquiescer, "ah oui, oui, si Moncet le dit après tout", et Malbranque d’en jouir partout sur son costard d’occasion. Le journalisme, dans tout ça ? Bof, une autre fois peut-être, nous on bosse pour TF1. Propagande ? Mais qu’allez-vous chercher là, nous sommes entre gens raisonnables.
Mais si on rembobinait cette course, histoire de la revoir un peu au ralenti, et par le versant obscur de l’analyse la plus froide… Ce versant qui ne fait pas bander, ce versant qui douche les passions les plus folles… Accepter de ne plus rêver, juste un instant. Vous croyez que vous pouvez faire ça malgré votre lobotomie bi-mensuelle ?
Dès les premiers tours, Koubitza "cravache", comme on dit, à la poursuite d’Hamilton. Et on n’en attendait pas moins de sa part étant donné qu’il est soupçonné être à peu près aussi peu chargé que lui et que Louise A Mille Tonnes le largue proprement, poignée de dixième après l’autre, ce qui lui laisse piste absolument libre. Le fan décérébré de Robeuurt ne débande pas, et peine à déglutir ses chips nature. Quelle vitesse, oh, ah, quelle pointe ! Tant que ça ? "Assurément", d’après Moncet. C’est facile à vérifier, il suffit de comparer ses chronomètres à son faire-valoir de coéquipier (quoi de mieux pour comparer qu’un mec qui possède le même matériel) qui a enfin piste libre et commence à se lâcher après s’être débarrassé de la citerne grabataire Roubignole Barique-A-l’Eau sur sa Honteux, et avant qu’il ne tombe sur Kovalainen (12e tour) au sujet duquel je n’ai même pas de jeu de mot tellement il fit pitié hier. Oui, vérifions, à n’en pas douter c’est la branlée pour le barbu ex-boutonneux Heidfeld :
Tr Kubica Heidfeld
08 1:17.917 1:18.140
09 1:18.413 1:18.256
10 1:18.222 1:17.953
11 1:18.195 1:18.045
12 1:18.192 1:18.525
Mais… Que se passe-t-il ? Robeuuurt serait-il plus lent que Nickouille qui pourtant était parti avec une charge bien supérieure (c.f. leurs pits stops respectifs)? Ce ne peut-être qu’un accident, des tours non significatifs. "Tout à fait", bredouille Moncet.
Passons. Pour l’heure, c’est le traditionnel Safety Car (pauvre Adrian Sinutil, ça ne peut pas être Monaco sous la pluie chaque week-end, n’est-ce pas ?) et la désormais culte plaisanterie Louie Louie aux feux pourtant rouges vifs, qui tente la sodomie sur la voiture tout aussi rouge du joyeux Raikkonen, vengeant par la même occasion le pilote Force Idiot de sa déception Monégasque. Que Kubica ne doive qu’à une moule surhumaine de n’avoir pas été l’élu d’Hamilton (qui n’avait le choix qu’entre eux deux), ça, il en est peu pour le rappeler.
Robeuuuurt, ce héros, donc, ressort des stands, fessier immaculé par miracle, mais dans le peloton, tandis que pavoise en tête la tortue de la fable, pour le coup encore plus veinarde, il faut l’admettre. Je vais juste donner, mais sans idée derrière la tête, hein, les tours qu’aligne alors le gars Heidfeld, à aussi vive allure que le lui permettent ses pneus durs cramés par la longueur de ce premier relais lourdement chargé, puisqu’il doit bientôt s’arrêter à son tour :
Tr Heidfeld
23 1:18.237
24 1:17.619
25 1:17.430
26 1:17.746
27 1:17.781
28 1:17.510
Le nullard stoppe à son tour, et, après avoir fait le plein nécessaire à 40 tours de piste ainsi que chaussé des pneus… tendres (40 tours de carburant en pneus tendres sur une piste ruinée par la surchauffe, et on dira qu’il n’y a pas de drogue dans le milieu de la F1… Passons.) et ressort… devant Robeuuuuurt. Et c’est là qu’intervient le second coup de surmoule du polonais. Oui, l’impensable, l’inimaginable se produit : voilà que cet abruti de Nickouille laisse passer Koubitza sans lutter ! S’il en fallait une, c’est bien ici que réside la plus grande preuve du fait que ce blaireau de Heidfeld n’a définitivement pas la trempe d’un champion du monde, puisque, on le verra plus tard, retenir Robeuuurt ne serait-ce que deux tours lui aurait permis de demeurer en tête jusqu’au bout. Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con… on est con.
Libéré après que les Toyota, qui ont probablement passé le plus clair de la course à se demander dans quel sens il fallait lire la feuille de classement tant elle leur était favorable, se furent à leur tour effacées, Kubica se lance à son tour dans une série de "flying laps", sous les dithyrambes de nos amis de TF1. Mais oui, regardez, c’est extraordinaire, affolant, merveilleux :
Tr Kubica
43 1:17.876
44 1:18.414
45 1:18.144
46 1:18.129
47 1:17.539
48 1:17.831
Quoi ? Que me dites-vous ? C’est plus lent que les tours de rentrée au stand (vous savez, ceux où on "cravache", normalement) de Heidfeld à quantité d’essence égale mais pneus plus usés pour l’allemand ? Mais enfin, qu’est-ce que c’est que cette histoire… C’est impossible, voyons, Kubica est un génie du pilotage, le nouveau patron, le… non ? "Ahem oui…", s’étrangle Moncet.
Mais durant ces quelques tours surviendra le troisième coup de chance de Robeuuurt. Chez BMW, on demande dans un premier temps à Nickouille de résister à Alonso, dont il aurait pourtant dû se foutre royalement vu que le rude ibère devait encore s’arrêter. Heidfeld flaire l’entourloupe, mais en bon teuton discipliné et plutôt con-con, obéit. Et perd un temps colossal à contenir Alonso. Il faut de longs tours à l’ex-équipe Sauber pour réaliser leur bêtise crasse et suggérer du bout des lèvres au blondinet que, peut-être, s’il sent qu’il perd du temps, il devrait, enfin c’est lui qui voit, laisser passer ce non-concurrent de chez Réno.
Le mal, lui, est déjà fait, et la légende en marche. Pneus tendres en lambeaux, Nickouille n’a aucune chance face au héros de la journée et des décennies à venir, j’ai nommé, comment déjà ? Roooobeuuuuurt Koubitzaaaa ! Et la branlette active des commentateurs de reprendre de plus belle, et eux de s’extasier sur le run pré-rentrée aux puits extraordinaire, certes en pneus tendres flambant neufs mais ça ce sont des choses qui ne se disent pas, du polonais, qui ressort facile devant le (pour le coup) bien baisé Heidfeld, à qui il sera, pour vous dire, même reproché de tirer la gueule après ce défouraillament en règle de son postérieur.
Seule la victoire est belle, il parait, on est donc prié de s’extasier sur la performance "bigger than life" d’un mec qui ne fut jamais le plus rapide en piste ni même le plus malin, mais dont on ventera la vitesse et la sagacité encore longtemps dans les torchons que (et c’est le pire) l’on s’empressera de vous faire dévorer. Et vous le ferez, bande de nases.
par Ouais_supère